Tirer le fil d’une existence, surtout celle d’un artiste majeur, révèle toujours la trame d’une époque. Suivre les traces de Victor Vasarely depuis sa Hongrie natale jusqu’à Paris, c’est revivre les convulsions des années 1930, la Seconde Guerre mondiale, l’avènement du psychédélisme et l’invention de l’art optique (op art pour les intimes) auquel son nom reste attaché. C’est aussi explorer les méandres du plus tumultueux et du plus ténébreux des polars vrais.
Aix-en-Provence, le 8 août 2024
Chers amis de la Fondation Vasarely,
Chers passionnés de l’oeuvre de Victor Vasarely,
J’ai voulu vous tenir informés du fil d’une actualité judiciaire qui étreint l’oeuvre de Victor Vasarely et le devenir de l’institution reconnue d’utilité publique que son épouse et lui ont fondée.
Depuis la disparition de celle-ci, le 27 novembre 1990, des appétits égoïstes, en France et à l’étranger, jusque sous le toit de l’Artiste de son vivant, se sont éveillés pour mettre à mal le projet d’une vie et vider la Fondation Vasarely des trésors de leur création dont ses fondateurs l’avaient dotée. Une entreprise judiciaire de longue haleine a été entreprise pour rétablir ce qui avaient été voulu en même temps que l’instrument unique de présentation et de projection de l’œuvre.
Les quelques articles et/ou éléments d’archives que vous découvrirez ci-dessous racontent cette épopée et éclairent des événements qui paraitraient sortis de l’imagination maladive d’un scénariste de séries s’ils n’étaient malheureusement trop réels et douloureux, dans un tourbillon d’intrigues où le monde de l’art fraye avec l’argent, la politique et le sexe.
Après plus d’une trentaine d’années de procédures toujours en cours, menées avec constance et éclairées par une foi aveugle, l’espoir est là, de rendre tout son éclat au projet qu’avaient bâti Victor et Claire Vasarely.
Fidèlement
Pierre Vasarely
Président de la Fondation Vasarely
Légataire universel de Victor Vasarely et titulaire du droit moral sur son œuvre
« Vasarely, l’héritage maudit », par Julie Malaure : une succession en trompe-l’œil
Pionnier de l’art optique et apôtre d’un art pour tous, Victor Vasarely (1906-1997) diffuse à partir des années 1960 ses formes psychédéliques et autres variations géométriques hypnotiques sur tous les supports possibles (vaisselle, livres, disques, voitures…). Une saturation de l’espace jusqu’à l’overdose. On ne peut plus voir ses abstractions en peinture (il n’aura droit à aucune expo en France entre 1963 et… 2019).
Ils m’ont donné des tableaux » : les dessous du conflit acharné entre les héritiers de l’artiste Victor Vasarely
Escroquerie ou syndrome de la marâtre ? La succession de Victor Vasarely, qui a déclenché une guerre qui dure depuis près de 30 ans entre le petit-fils et la belle-fille de l’artiste considéré comme le père de l’art optique, est digne d’un scénario de film. Dans cette affaire hors norme, où deux protagonistes aux forts caractères se pensent l’un et l’autre seuls héritiers du peintre, s’opposent liens du cœur et liens du sang, avec une forte suspicion réciproque de détournement d’héritage. « J’ai eu la chance d’être l’unique petit-fils, d’avoir partagé des moments simples avec lui », explique l’un dans la vidéo en tête de cet article, replay d’un numéro du magazine « Grands Reportages » diffusé le week-end dernier sur TF1
I am a civilised person, even with 50 percent of the blood in my veins being Hungarian
Pierre Vasarely is the grandson of Victor Vasarely. He is the director of his grandfather’s foundation in Aix-en-Provence. His goal is to recover as many works of art which have disappeared over the decades as possible for the foundation.
He has been going to court over this for years, most persistently against his stepmother. He explained to us why.
« Grands Reportages » : Guerres d’héritages, conflits et secrets de famille sur TF1 dimanche 2 février 2025
Dimanche 2 février 2025 à 13:40 dans « Grands Reportages », TF1 diffusera « Guerres d’héritages : Conflits et secrets de famille » un document réalisé par Erwan Bizeul et Florian Yven.
Dans les histoires d’héritages suspects, il y a souvent deux versions qui s’affrontent. Celle d’un héritier lésé, qui se bat pour récupérer son dû, contre celle d’un héritier avantagé, qui lutte pour sauvegarder ce qu’il a reçu. En France, une succession sur cinq se passe mal. Dans ces histoires de famille qui finissent mal, la justice est souvent la seule issue pour départager les descendants du défunt.
Vasarely. L’héritage maudit » : un scénario à rebondissements et une galerie de personnages
Victor Vasarely (1906-1997) a connu la gloire, puis une longue éclipse. Il y a au moins deux raisons à cette dernière : sa volonté affirmée de créer un art pour tous, reproductible et diffusé en masse – mauvaise nouvelle pour ses marchands –, et, surtout, une succession des plus complexes, au point que même les spécialistes s’y perdaient. Un écheveau que démêle habilement la journaliste Julie Malaure dans un livre bien documenté, dont le sous-titre est déjà tout un programme : « L’héritage maudit ».