Rebondissement dans la tentaculaire affaire Vasarely. Mardi, à la demande de la justice française, la police fédérale a perquisitionné la fondation de la belle-fille du maître de l’Op art, à Porto Rico, et saisi plusieurs dizaines d’oeuvres
Ces tableaux sont à moi, absolument à moi ! Je ne les rendrai pas à Pierre ni à la Fondation ! » claironnait, bravache, Michèle Taburno-Vasarely dans les colonnes de La Provence en octobre 2019, depuis ses appartements de Porto Rico où elle s’est exilée avec quelques centaines d’oeuvres à la propriété contestée. Lassée d’attendre, la justice française lui a envoyé le FBI.
Mardi, dans le cadre d’un protocole d’accord entre les États-Unis et la France, des agents du Federal Bureau of Investigation ont déboulé au siège de la fondation créée par la belle-fille de l’artiste dans le quartier historique de l’île des Caraïbes, à San Juan, où elle réside depuis plus de dix ans. Sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris, ils ont perquisitionné le bâtiment du Colegio de Parvulos. Ils en sont repartis après avoir saisi une centaine de tableaux du plasticien et de son fils, Jean-Pierre, alias Yvaral. El Nuevodia.com rapporte que la porte-parole du FBI sur l’île, Limary Cruz Rubio, confirme l’intervention des agents « pour soutenir les efforts des autorités françaises » mais aucune précision n’a été fournie sur la destination de ces oeuvres.
Plusieurs décisions de justice ont déjà sommé Michèle Vasarely, 81 ans, de ramener sur le sol français les tableaux expatriés. Après la mort d’Yvaral en 2002, la seconde épouse du fils cadet du plasticien s’était envolée pour Chicago, puis avait poussé jusqu’à Porto Rico avec une bonne partie de l’héritage dans ses bagages. Elle avait quitté la France au beau milieu d’une guerre avec son beau-fils, Pierre, légataire universel et titulaire du droit moral sur l’oeuvre de son grand-père. Président de la fondation créée en 1970 par Victor et son épouse Claire, dont le siège est à Aix, Pierre Vasarely martèle depuis des années que ces oeuvres, évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros, ont été détournées de l’institution reconnue d’utilité publique.