LES INTÉGRATIONS

 

 

Les intégrations monumentales du Centre architectonique 1975-1976

Au début de l’année 1975, Victor Vasarely confie la réalisation des intégrations monumentales à l’architecte Claude Pradel-Lebar. Ce dernier est chargé de coordonner les nombreuses équipes d’artisans sur site mais surtout de faire le lien entre Victor Vasarely, à Annet-sur-Marne, et les différentes entreprises de matériaux sollicitées pour leur renommée et la qualité de leurs produits manufacturés, le plus souvent à la pointe de la technologie. Parmi les entreprises retenues on trouve les émaux de Briare pour les tesselles de verre, la manufacture Royale de Delft pour les carreaux de céramique, la Savonnerie des Gobelins et la Manufacture Tabard à Aubusson pour les tapis et tapisseries, Saint-Gobain pour les verres des œuvres cinétiques profondes, l’Atelier Arcay pour les cartons sérigraphies, l’Atelier Silium pour l’aluminium anodisé et bien d’autres.

Victor Vasarely propose ici un véritable kaléidoscope d’œuvres confectionnées à partir de ses prototypes départs, dont la vocation était l’embellissement des habitations individuelles et collectives : « Notre objectif ne peut être que l’esthétique […] nous pourrons essayer d’influencer, par nos exemples, tous ceux qui ont un rôle à jouer dans les constructions à venir. »

Ces œuvres contemporaines hors normes – de par leurs dimensions et le message ambitieux qu’elles portent – délaissées durant de nombreuses années font l’objet d’une importante campagne de restauration soutenue par l’Etat et les collectivités locales. Les œuvres monumentales ont été sélectionnées dans le cadre du programme SUMUM*1, de l’agence nationale de la recherche scientifique, dont l’objet est l’assistance de l’imagerie à la restauration des œuvres d’art.

La diversité des matériaux présents et le faciès multiforme des dégradations, impliquent d’effectuer avant tout traitement, des recherches documentaires et des analyses scientifiques. Dans cette phase préalable, la Fondation Vasarely est assistée par des instances scientifiques et techniques*2.


 

SUMUM– Programme de l’agence nationale de la recherche scientifique

SUMUM : Stratégie de docUmentation MUltiéchelle, multiModale du patrimoine culturel et naturel : acquisition, traitement, étude et diffusion.
Durée et date de début : 42 mois/ date de début : 1 octobre 2017

Membres CICRP / MAP (Marseille) MIS – Équipe perception et robotique (Amiens-Picardie) Le2i – Équipes ViBot / Multimodale (Le Creusot / Auxerre) GREYC (Caen)

La Fondation Vasarely a été choisie comme terrain d’expérience dans le cadre du programme SUMUM. Ce programme conduit par le CICRP de Marseille (Centre Interrégional de conservation-restauration du patrimoine) et de plusieurs laboratoires de recherches français, à pour optique la création d’un outil permettant l’observation des dégradations des œuvres sur la durée et l’assistance par l’imagerie, au constat d’état des œuvres et à la restauration.

 

 

 

 


 

Les instances scientifiques et techniques de la Fondation :

  • Ministère de la Culture avec le laboratoire du CNRS, « Modèles et simulations pour l’Architecture et le Patrimoine »,
  • Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur au travers de « la Conservation Régionale des Monuments Historiques » et du Service des « musées »,
  • Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF),
  • Laboratoire de Restauration des Monuments Historiques (LRMH),
  • Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine (CICRP),
  • Des conservateurs-restaurateurs indépendants et bien d’autres partenaires.

 


Conservation-restauration des intégrations classées monument historique

La Fondation Vasarely conduit depuis 2010 un vaste chantier de restauration de son bâtiment. Le manque d’entretien porté à cette œuvre architecturale du XXème siècle, antérieurement à cette date, a causé d’importantes dégradations sur les œuvres monumentales intégrées qui sont hélas aujourd’hui bien visibles et altère leur lecture.

Les dommages relevés résultent tout autant de facteurs de dégradations extérieurs (fuites, infestations, jaunissement, vandalisme etc.) que de facteurs de dégradation internes liés notamment à l’altération des matériaux de fabrication des œuvres elles-mêmes (oxydation des colles, perte d’adhérence au support etc.).

La nécessaire restauration de ces ensembles exceptionnels ne pourra être envisagée qu’une fois l’herméticité des ouvrants améliorée et les conditions climatiques à l’intérieur du bâtiment stabilisées.

Cependant dans le cadre de la rénovation globale du bâtiment et notamment des façades vitrées de la Fondation, certaines œuvres dites « cinétiques profondes » ont du être démontées de leur support durant la phase de travaux. Cette dépose a donné lieu à un vaste chantier de restauration assez complexe.

 

 

 

Restauration 2017- 2018 :  Conservation-restauration de 3 œuvres de l’alvéole 4

 

Les trois œuvres concernées sont toutes les trois composées de la même façon, c’est-à-dire d’un ensemble de trois verres de Saint Gobain :

  • – une glace de 15 mn d’épaisseur fixée à la paroi extérieure du bâtiment, dépolie par sablage, diffusant la lumière du jour ;
  • – deux glaces intérieures de 15 mm d’épaisseur, encadrées d’acier et suspendues au plafond de la Fondation. Celles-ci ont, sur leur face postérieure, un motif identique gravé au jet de sable et laqué en noir ou en bleu.

 

 

 

 

 

Œuvres avant la dépose. Protection des sols et des œuvres environnantes.

 

Le manque d’entretien apporté aux bâtiments et aux œuvres avant 2009 a provoqué des dégradations

sur les décors des verres et des corrosions du cadre métallique.

 

 

 

 Corrosion du cadre métallique

Les grandes parois de verre ont été déposées sur de grands pupitres spécialement

conçus à cet effet par l’entreprise La Parette en charge de la restauration des verrières et des façades de la Fondation.

 

 

 Dépose des œuvres sur les pupitres métalliques

Les verres ont été nettoyés un a un et les décors consolidés par les restaurateurs. Certaines lacunes dans les décors peints ont été retouchées afin d’améliorer la lisibilité de l’œuvre.

 

 

 


 

 

 

 

Cette opération a pu être engagée grâce au soutien de l’Etat

et au mécénat de l’entreprise Saint Gobain.

 

 

 

 


 

Restauration 2019/2020

La Fondation Vasarely va entreprendre un vaste chantier pluriannuel de conservation-restauration des intégrations.

Les œuvres les plus fragiles seront traitées en priorité. Ce chantier devrait s’étaler sur 2 ans.

La Conservation régionale des monuments historiques de la DRAC PACA et le Centre interdisciplinaire de conservation-restauration du patrimoine assistent la Fondation dans ce vaste chantier.

Dans le cadre du programme SUMUM et des futures restaurations, 6 étudiants de l’école supérieure des arts Saint-Luc de Liège, Belgique et 3 enseignants sont venus à la Fondation Vasarely du 29 octobre au 2 novembre 2018 pour réaliser les constats d’état de quatre œuvres.

 

 

 

Analyse colorimétrique des nuances des tesselles de l’œuvre Alom (alvéole 7)

par Alain Colombini, ingénieur de recherche CICRP

 

 

 

 

Les prochaines restaurations concerneront les œuvres : Vonal, Alom, Manipur, Tlinko